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SILVERSUN PICKUPS – La Boule Noire – 05/03/2016

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En ce samedi soir légèrement pluvieux, si la Boule Noire n’affiche peut-être pas totalement complet, elle peut tout de même se targuer d’être joliment garnie. Une petite colonie d’Américains, sans doute quelques curieux, et beaucoup de fans du groupe composent un public autant attentif que réceptif lors de l’excellente prestation en guise d’apéritif musical de Paerish, un jeune quatuor parisien (oui, Paerish de Paris, il fallait oser le faire !) qui manie avec beaucoup d’à-propos l’art de la noisy pop. Des références plus qu’intéressantes (Pixies, Dinosaur Jr) et une prestation fort prometteuse. La soirée ne pouvait pas mieux commencer. Une bonne quinzaine de minutes après, quand les membres de Silversun Pickups débarquent sur la scène parisienne, sans même avoir égrainé une seule note, c’est un tonnerre d’applaudissements qui les accueille. Chaude sera l’ambiance. Il faut dire que les passages de la formation californienne dans l’Hexagone ne sont pas spécialement des plus réguliers et l’attente du public parisien est enfin comblée. Le faussement timide Brian Aubert, chanteur et guitariste de son état, fort bien épaulé par une section rythmique que les adeptes des Smashing Pumpkins rêveraient de voir jouer aux côtés de Billy Corgan (mention spéciale au son de basse de Nikki Monninger) et par un claviériste discret, mais ô combien efficace, joue aussi bien avec le public qu’avec ses compères. Des sourires sur scène, des petits blagues sympathiques, des mélodies diablement accrocheuses que l’on rangera dans le bac « Power Pop », parfois secouées par des riffs de guitare gorgés de Fuzz que les gars de Weezer sauraient assurément apprécier, d’autres fois accompagnées d’arrangements discrètement electro, oui Silversun Pickups maîtrise son sujet, avec juste ce qu’il faut de folie pour ne pas verser dans la catégorie du concert trop programmé d’avance. La salle parisienne est en ébullition, certes le plus souvent quand le groupe balance des anciens titres, mais la ferveur est aussi palpable quand les Américains jouent des titres de leur dernier opus, « Better Nature », opus qui occupe pratiquement la moitié de leur set, rappel compris. Si certains peuvent reprocher aux quatuor une tendance à vouloir trop produire leurs disques, sur les planches, c’est une tout autre affaire tant Silversun Pickups sait aussi lâcher les chevaux pour offrir au public de longs moments d’intensité bourrés d’électricité. Ce soir-là, le soleil de la Californie a brillé de mille feux à la Boule Noire et, d’un point de vue purement météorologique, avec un thermomètre en berne, on ne peut que remercier chaudement les intéressés.

Photo : © Olivier Ducruix

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