Envie d’une nouvelle basse ?

PRIMUS & THE FUGI ENSEMBLE – Le Trianon – 12/06/2015

Il ne fallait pas arriver en retard au Trianon ce soir-là. Une poignée de minutes après 20h, Primus débarque sur les planches de la scène parisienne. Une scène qui étonne de part sa configuration : un grand rideau réduit grandement le champ d’action des musiciens. Avec tout le respect qu’on leur doit, cela n’a pas semblé gêner les intéressés vu que, à part les mouvements de gymnastique de Les Claypool (flexions/extensions des genoux), le trio n’est pas franchement réputé pour son hallucinant jeu de scène. Et puis, les spectateurs présents se sont vite doutés que ce fameux rideau devait sans nul doute cacher quelque chose… Pour l’heure, Primus attaque les choses sérieuses avec des titres que les aficionados du groupe connaissent pour ainsi dire par cœur. Environ 45 minutes plus tard, après avoir joué huit titres au total (dont certains immanquables tels que Wynona’s Big Brown Beaver et son groove countrysant ou encore le sautillant Lee Van Cleef, My Name is Mud et un impeccable Jerry Was A Race Car Driver en guise de conclusion), le trio se retire dans ses loges et un autre rideau se baisse devant la scène pour cacher les préparatifs d’un second set que l’on espère plus éclairé, ce qui ne sera sans doute pas une tâche insurmontable, le groupe ayant choisi d’évoluer sous le minimum de projecteurs. Un choix assurément pensé car, un petit quart d’heure plus tard, Primus revient dans un décor qui fleure bon le psychédélisme, où deux immenses champignons dominent l’arrière de la scène de chaque côté et où d’innombrables gros bonbons en plastique sont disséminés un peu partout. Un grand écran projette des images du film « Charlie et la chocolaterie » de Mel Stuart sorti en 1971, tandis que Les Claypool, masqué façon Commedia dell’arte, fait vibrer une contrebasse NS Design dont il se servira grandement durant ce set, remplacée parfois par une basse dobro. Pour l’accompagner, outre ses deux compères de toujours, le bassiste est également épaulé par The Fungi Ensemble, à savoir un violoncelliste, un joueur de xylophone assez incroyable et deux acteurs déguisés en personnages du film qui reviendront de manière régulière tout au long du set. Même si les spectateurs étaient prévenus quant au programme de la soirée, la sauce ne prendra que doucement mais sûrement. L’album concept tournant autour du long métrage n’est pas des plus faciles d’accès, ceci expliquant que le public parisien tardera un brin à entrer dans l’univers aussi kitch que coloré proposé par Primus pour au final soutenir à grands renforts de cris, d’applaudissements et autres encouragements Les Claypool et ses acolytes, et ce jusqu’au rappel où le trio balancera un excellent Too Many Puppies et un magistral Here Come The Bastards avec The Fungi Ensemble, assurément l’un des moments forts d’un concert qui confirme une nouvelle fois que Primus est bel et bien un groupe à part et Les Claypool un satané bon bassiste. Mais ça, tout le monde le savait déjà.

Photo : © Olivier Ducruix

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