Envie d’une nouvelle basse ?

Happy Birthday, Vigier !

Aujourd’hui, Vigier fête ses 35 ans. Pour marquer le coup, nous avons choisi cinq des questions posées à Patrice Vigier, le créateur de la marque, lors d’une interview réalisée fin 2013 et parue dans le BASS PART n°19 (Janvier/Février/Mars 2014).

 

Comment est née la marque Vigier ?

J’ai été remercié de l’école à la fin des années 70. En 1978, j’ai commencé à faire de la réparation et deux ans plus tard, je créais la société Vigier pour faire des guitares.

Quel fut le premier modèle estampillé Vigier ?

En 1980, lors du salon de la musique, je présente les séries Arpège : il y avait une basse Arpège 4-cordes frettées, une fretless touche métal, une guitare frettée, normale, et une autre sans les frettes. Il y avait déjà pas mal d’innovations, comme le chevalet, l’électronique active, ce qui n’était pas très courant à l’époque et qui était rechargeable, le système de renforcement du manche.

Qu’en est-il du choix des bois et qui s’en occupe ?

C’est moi qui m’en occupe. J’achète des bois en France. Ce n’est pas du nationalisme, c’est tout simplement parce que la France est le premier massif forestier européen tant par sa diversité que par la quantité. En France, on a un bon système qui fait que l’on replante plus qu’on ne coupe et on a ainsi des bois de qualité. Je trouve complètement idiot d’aller acheter de l’érable de l’autre côté de l’Atlantique pour le ramener ici. Et je ne suis pas le seul à penser cela. D’autres luthiers français ont le même fournisseur que moi.

Le marché de la guitare connaît bien sûr la crise. Aujourd’hui, qu’est-ce qui fait qu’une marque comme Vigier peut encore continuer son activité ?

Pour pouvoir continuer son activité, il faut avoir des soutiens et en 30 ans, j’en ai eu. Tout d’abord ma famille. Au début de Vigier, mon père travaillait à mi-temps, voire plus, gratuitement… Mes parents ont hypothéqué leur maison pour que je puisse acheter 3 ou 4 machines alors que je n’avais pas encore prouvé que j’allais faire quelque chose. À la fin des années 80, Jack Lang a aidé pas mal d’entreprises de manière financière. Il y a aussi les journalistes qui vont parler de ta guitare, sans pour autant qu’il y ait une compensation publicitaire derrière.

Si tu devais présenter la marque Vigier à quelqu’un qui ne la connaît pas, quels modèles mettrais-tu en avant pour cela ?

Cela dépend des générations. Celle des années 80 va citer la série Arpège, celle d’aujourd’hui les Excess et entre les deux il y a la série Passion. C’est difficile… Personnellement, et je ne parle pas en tant que guitariste, il y a un modèle qui me tient à cœur, la G.V., parce qu’il porte le nom de mon père. C’est un hommage. Mais tous les modèles ont quelque chose de différent, il faut savoir fouiner…

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Phil Curty (Lofofora)

Photos : © Olivier Ducruix

 

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