Envie d’une nouvelle basse ?

DEATH FROM ABOVE 1979 – La Gaité Lyrique – 28/02/15

Quelques mois après son passage au Badaboum, Death From Above 1979 revenait à Paris dans une salle plus conséquente question capacité, preuve que le duo basse/batterie commence doucement mais sûrement à élargir son cercle de fans. Après une première partie (Turbowolf), certes fort sympathique, mais que l’on verrait plus à son avantage le 21 juin pour la Fête de la Musique sur un quelconque podium, les deux Canadiens débarquaient enfin sur scène. Dès les premières notes de Turn It Out, le morceau d’ouverture, une chose est sûre, c’est du gros son (de basse) que l’ami Jesse F Keeler va nous offrir tout du long du concert. Armé de sa Dan Armstrong, l’intéressé enchaine des riffs saturés à souhait, lorgnant autant vers le stoner que le garage rock, délaissant parfois sa 4-cordes pour balancer des parties claviers hypnotiques, voire même dansantes. Autant dire que le public parisien est aux anges et répond présent dans la fosse avec quelques réguliers mouvements de foule bien appuyés. On regrettera cependant la bêtise du service de sécurité de la Gaité Lyrique, un agent beaucoup trop zélé ceinturant sans ménagement un pauvre bougre heureux d’être monté sur scène, avec pour seul défaut un petit drapeau canadien sur son chapeau pointu (il est vrai de mauvais goût). Les gars, continuez d’encadrer des spectacles de danse moderne, c’est moins dangereux… Bref, on oublie vite cet incident pour se plonger à nouveau dans la fureur des décibels envoyés par la paire canadienne. Si la voix de Sebastian Grainger, le batteur, semble parfois faiblir au fur et à mesure de la prestation, c’est loin d’être le cas pour le son déployé par DFA 1979 qui enchaîne les titres sans répit, entrainant la Gaité Lyrique dans un tourbillon jouissif de fréquences basses baveuses, aux frontières de la noise et du rock. Après un rappel tout aussi intense et un The Physical World bourré d’énergie et de tensions, les deux Canadiens quittent les planches avec le minimum syndical en guise d’au revoir. Qu’importe, l’essentiel n’était pas forcément dans le dialogue à outrance. Ce soir, c’était bien la basse qui était reine. Pour notre plus grand plaisir.

Photo : © Olivier Ducruix

 

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