Envie d’une nouvelle basse ?

Blur – Zénith de Paris – 15/06/2015

Dans cette pluie de concerts qui arrose la Capitale en ce mois de juin, celui de Blur était sans nul doute l’un des plus attendus. Fans de Brit Pop, Parisiens branchés, nostalgiques des années 90, tout ce beau petit monde se devait d’être présent ce soir-là pour ainsi pouvoir poster fièrement sur les réseaux sociaux : « j’y étais ». Vers 20h, alors que le Zénith se remplit doucement, le public découvre le groupe de première partie, Jupiter & Okwess International. Ambiance colorée, musique rythmée, les gars sur scène respirent la bonne humeur. Mais comment dire… La World Music, c’est définitivement une affaire de goût et l’on aurait préféré une formation un peu plus portée sur les décibels pour entamer cette soirée. Une heure après, la tension monte déjà de plusieurs crans alors que les lumières du Zénith s’éteignent. Blur débarque. Blur le retour. Blur sur la ville. Et le public parisien explose dès les premières notes de Go Out. Il faut dire qu’un sevrage scénique de douze ans (du moins pour les Parisiens, le groupe s’étant produit à Lyon en 2009), c’est long. Alors pour cette soirée exceptionnelle, le quatuor avait mis les petits plats dans les grands. Décor de scène faisant référence aux illustrations de « The Magic Whip » (cornets de glace façon fifties, inscriptions japonaises), grand écran squatté par des petits films le plus souvent loufoques. Les Anglais avaient même choisi la formule Big Band pour se produire dans la ville lumière avec quatre choristes et tout autant de cuivres, ainsi qu’un claviériste/percussionniste aussi discret qu’efficace. Dans la salle, les degrés Celsius montent en flèche. Sur scène aussi. Les quatre musiciens grimacent parfois quelque peu. Auraient-ils minimisé la chaleur du public ? Fêté comme il se doit ce retour tant attendu ? Allez savoir… Qu’importe, les spectateurs du Zénith s’en fichent éperdument. Damon Albarn, tombe le bomber après avoir copieusement déversé des petites bouteilles d’eau sur les premiers rangs. Et les titres s’enchainent. Les tubes aussi. There’s No Other Way, Coffee & TV, Parklife et le bouillonnant Song 2 où le Zénith est en totale osmose avec les stars de la soirée. Un grand moment. La setlist est judicieusement pensée pour éviter un concert « best of » et mélange fort bien titres incontournables, chansons du passé et morceaux de « The Magic Whip ». Le frontman de Blur prend du plaisir, se balade sur toute la longueur de la scène pour haranguer une foule qui ne demande que ça. Avant de quitter une première fois la scène, Blur fait redescendre la pression avec To The End et This Is A Low. Répit de courte durée car les quatre Anglais reviennent pour un rappel tout aussi glorieux que le reste du concert. Quatre titres au programme et, une nouvelle fois, un énorme moment de folie avec Girls & Boys (où des poupées de Ken et Barbie, bien loin d’être vêtues, font leur apparition sur le grand écran) et un magnifique The Universal en guise de conclusion. Blur n’a pas failli à sa réputation et a prouvé ce soir-là que ses quatre membres ont encore pas mal de choses à faire ensemble. Seul l’avenir nous le dira. Wait and see…

Photo : © Olivier Ducruix

0