Envie d’une nouvelle basse ?

Bass Part n°22 – Édito

Comme des artisans

22De nos jours, on a parfois la désagréa-ble impression que le monde de la musique a suivi les mavaises habitudes du football professionnel de haut niveau. Entre les reformations dictées par l’ar-gent, les soi-disantes tournées d’adieux qui n’en finissent pas, les cachets de plus en plus faramineux des gros poissons de l’industrie du disque ou les places de concert à des prix exorbitants, on est en droit de se demander quel est le pour-centage de passion dans tout ça. Certes, la musique est aussi un métier et il n’est nullement question de remettre en cause cette évidence, mais à un moment, trop, c’est beaucoup trop. Imaginez que pour aller voir Sting et Paul Simon (sans son Garfunkel) au Zénith de Paris, les specta-teurs sont priés de débourser une somme pouvant aller jusqu’à 535 euros !On frise ici le ridicule, pour ne pas dire l’indécence… Heureusement, il reste en-core des groupes qui ont encore la foi de se battre et de vivre (survivre ?) décem-ment de leur passion, comprenez sans chercher à plumer le public. Comment ne pas être admiratif du parcours de Lofofora qui, 25 ans après sa création, parcourt encore les routes pour aller dé-fendre une musique sans concession. Et pour les retardataires (ou les novices en la matière), Phil Curty, le bassiste, épluche la discographie studio du quatuor et l’on mesure ainsi un peu plus qu’une carrière comme celle de Lofo se construit d’abord sur des valeurs humaines. L’Humain est aussi au centre du repor-tage consacré à BassClubParis, un en-droit magique, quelque part dans la Capitale, pour les amoureux des basses haut de gamme, où Jean-Michel Noir, son propriétaire, défend à sa façon le tra-vail fait à la main, celui des luthiers, le tra-vail de toute une vie de passion. À y re-garder de près, les gars de Lofofora sont un peu des artisans… Non ?

0